Laurent-Désiré
KABILA
( 1939 - 2001 )
Laurent-Désiré Kabila, (1939-2001), président
autoproclamé de la République Démocratique
du Congo de 1997 à 2001.
Né à Moba dans le nord Katanga, (Congo belge),
Laurent-Désiré Kabila séjourne en
France en 1950 puis, en Allemagne de l’Est.
Lorsque la Belgique accorde l’indépendance
au Congo belge en 1960, Kabila se rallie au Premier ministre
du pays, Patrice Lumumba.
Après l’arrestation puis l’assassinat
de celui-ci (janvier 1961), Kabila prend part à
la conquête de Stanleyville (l’actuelle Kisangani)
et poursuit la révolution lumumbiste, dans la province
orientale du Kivu.
D’avril à mai 1965, son maquis accueille
Che Guevara. À la fin des années soixante,
Kabila se rend à Dar es-Salaam, en Tanzanie, où
il rencontre Yoweri Museveni, le futur président
ougandais, qui devient son ami et un soutien fidèle.
En 1967, Kabila fonde le Parti Révolutionnaire
du Peuple (PRP), qui établit un petit État
rebelle, dans les montagnes situées à l’est
du lac Tanganyika, financé par le commerce de l’or
et de l’ivoire.
En 1975, le PRP kidnappe quatre chercheurs et réclame
une rançon. Après la chute de son maquis
en 1985, Kabila s’établit en Tanzanie et
brasse des affaires (or, pêche).
En octobre 1996, dans l’est du Zaïre, les membres
de la minorité tutsi du Congo, connus sous le nom
de Banyamulenge, se rebellent contre les projets d’extension
des cultures aux dépens de leurs pâturages.
Kabila réalise l’union entre ces rebelles
et des opposants au régime du maréchal Mobutu,
au pouvoir depuis 1965, et devient le leader de l’Alliance
des forces démocratiques pour la libération
du Congo-Zaïre (AFDL). Il bénéficie
du soutien de l’Ouganda, du Rwanda, de l’Angola,
du Burundi et de la Zambie. La confiance que Kabila peut
avoir dans le président ougandais Museveni et le
dirigeant rwandais Paul Kagamé est alors déterminante.
Après la capture de Kisangani grâce aux troupes
angolaises, la marche de Kabila sur Kinshasa, la capitale,
et l’éviction de Mobutu en mai 1997 sont
saluées par des explosions de joie. Rejetant le
nom de «Zaïre», il renomme le pays République
démocratique du Congo, nom qu’il portait
à l’époque de Lumumba, et se proclame
président.
Mais la popularité de Kabila s’évanouit
rapidement. Les opposants menés par Étienne
Tshisekedi, qui a longtemps lutté contre Mobutu,
l’accusent de n’être qu’un pantin
dirigé par le Rwanda et l’Ouganda.
Kabila refuse de nommer Tshisekedi Premier ministre et
promet la tenue d’un référendum constitutionnel
au plus tard en décembre 1998 et celle d’élections
en avril 1999. Il est, de plus, accusé de faire
obstruction aux enquêtes diligentées par
les Nations Unies sur les massacres de près de
200 000 Hutu dont sont soupçonnées les troupes
de l’AFDL dominées par les Tutsi.
En août 1998, Kabila demande à ses alliés
rwandais et ougandais de repartir. Ils refusent et s'allient
avec des opposants à Kabila et d'anciens alliés
de Mobutu, puis s'emparent de la province du Kivu avec
l'aide des Rwandais et des Ougandais, et menacent Kinshasa.
Kabila fait alors jouer ses amitiés révolutionnaires
auprès des chefs d'États d'Angola, de Namibie
et du Zimbabwe, trois pays qui ont des intérêts
politiques et économiques dans la région.
En janvier 2001, Kabila est assassiné à
Kinshasa dans des circonstances non élucidées.
Au lendemain de ses obsèques, son fils, Joseph
Kabila, est investi président de la République
par le Parlement provisoire réuni en session extraordinaire.
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